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19 juillet 2011

Putain/Écrivain

Quelqu'un m'a récemment demandé ce que signifiait, dans la notice biographique publiée à mon sujet par mon éditeur Coups de tête, la phrase suivante : Il exerce le métier de prostitué mais, au lieu de vendre son cul, il vend son âme – ce qui est d'ailleurs beaucoup moins honnête car c'est un marché de dupes.

Cette phrase, comme tout slogan publicitaire – et, de façon plus générale, comme tout discours portant sur les échanges commerciaux –, ne va bien évidemment guère au-delà du simple tour de passe-passe, et ce pour plusieurs raisons :

• D'abord, prostitués et prostituées ne vendent pas leur cul, ils le louent. On aura beau dire, on aura beau faire, les putains demeurent toujours propriétaires de leur cul – qui, comme le droit d'auteur, est inaliénable.

• Ensuite, je ne peux pas vendre ce que je ne possède pas (ce dont d'autres ne se privent pas, je sais, mais ça c'est une autre histoire). De toute façon, un écrivain ne saurait vendre quoi que ce soit : il n'est qu'un parasite inerme et accessoire sur le dos de la bête éditoriale, en dehors de toute transaction commerciale.

• Enfin, par définition, un marché est toujours de dupes, la loi du marché étant de faire du profit et le profit ne pouvant se créer d'un côté que s'il est équilibré par une perte de l'autre. Aucune opération commerciale, à ce titre, n'est plus ou moins honnête qu'une autre.

 

Au passage, notons qu'il existe une autre différence entre les putains et les écrivains : les putains ne peuvent pas mentir (leur cul est nu!); les écrivains, en revanche, ne font que ça. On voit de quel côté se situe l'honnêteté…

11:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

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