Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23 janvier 2012

Félix

«Je suis pour la fraternité, mais je ne suis pas ce matin avec les quatre cents chômeurs de la rue Saint-Paul, avec les dix survivants de la ville brûlée, avec les trois mineurs ensevelis, avec les cent mille prisonniers de la tour et les cent millions d'humains affamés. Même pas avec l'enfant qu'on effraie et le chien qu'on bat. Bien au chaud dans ma lâcheté comme dans de la ouate, j'observe le chevreuil qui sue de peur dans la mire de mon fusil. Même cette image est fausse, je n'ai jamais vu de chevreuil dans la mire d'un fusil.»

Ce texte de Félix Leclerc aurait pu être écrit aujourd'hui (et par bien d'autres que lui, à commencer par moi...), à ceci près que ses chiffres sont trop modestes. On pourrait ajouter quelques zéros. Et remplacer la mire du fusil par un écran de télé, d'ordinateur ou de téléphone «intelligent»…

 Félix encore :

«Il ne s'agit que d'une chose, dit le père à son fils : ne pas se faire pincer parce que nous sommes tous coupables.

— Si je suis coupable, je veux payer, dit le fils.

— Il y a des innocents pour cela, dit le père.»

Les commentaires sont fermés.