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21 avril 2012

Le corps des femmes est un champ de bataille

Dans la nuit précédant le 11 septembre 2001, Lee Chatham, un des romanciers les plus réputés des États-Unis, assassine l'étoile montante de la littérature nord-américaine après en avoir sauvagement violé la femme. Arrêté, il persiste à nier, malgré une accumulation de preuves accablantes, et il est exécuté huit ans plus tard dans un pénitencier du Missouri.

Au lendemain de sa mort, Lara, une jeune femme à la personnalité un peu trouble qui refuse de croire à la culpabilité de Chatham, entreprend de retrouver les témoins de l'affaire pour comprendre ce qui s'est vraiment passé au cours de la fameuse nuit. Elle finira par découvrir une vérité absolument stupéfiante… qu'elle devra payer de son propre corps.

Le corps des femmes est un champ de bataille, un roman où l'innocence n'est plus qu'un mot vidé de tout son sens.

 

 Le corps des femmes est un champ de bataille - Laurent Chabin

 

Voir le site de l'éditeur : 

http://www.coupsdetete.com/index.php?id=51

 

03 avril 2012

Opium du peuple ?

Face à divers actes criminels inspirés par les intégrismes de tout poil, on nous ressort périodiquement, avec une naïveté exaspérante, qu'il ne faut pas confondre intégrisme et religion, et que les Livres (la majuscule ici me répugne…) condamnent le meurtre et la violence, sous prétexte que «tu ne tueras point» (l'indigeste vade-mecum des judéo-chrétiens) ou que, «quand on tue un homme, c'est l'humanité tout entière qu'on assassine» (celui des musulmans).

Mais ces mêmes livres, partout ailleurs, en appellent au meurtre, au génocide, à la mutilation, à l'asservissement, à la décapitation. Les pitoyables tentatives d'un Malek Chebel ou d'un Omar Aktouf pour extraire de leur contexte quelques hypocrisies lénifiantes afin de nous faire croire à l'innocuité de ces bouquins vénéneux sont ridicules. Fumistes illettrés! Ces bouffons nient le texte même qu'ils invoquent, ils nient l'histoire, ils nient la réalité (voir le Traité d'athéologie, de Michel Onfray, qui remet un peu d'ordre dans ce fatras de fictions purulentes).

Les religions – les monothéismes en particulier – ont toujours eu le même but : abrutir, asservir, châtrer, soumettre. Islam signifie soumission. La table est mise dès le départ. Les monothéismes (on se demande comment ce mot peut exister au pluriel…) rejettent tout en bloc : le savoir, le plaisir, la liberté. La vie!

L'intégrisme n'est pas une dérive de la religion, c'en est l'aboutissement logique. Le monothéisme implique la négation des autres. Et leur éradication.

Opium du peuple? Jamais de la vie. L'opium au moins donne du plaisir. La religion n'est pas l'opium du peuple, c'en est la prison. C'en est le chien de garde, le bourreau, la potence, le bûcher, le goulag.

La religion n'est que l'instrument de la mort. Qu'on ne s'étonne pas si elle y mène tout droit.

28 mars 2012

Prostitution

La prostitution comme commerce équitable

 

On parle beaucoup de prostitution ces jours-ci, la Cour d'appel de l'Ontario venant de confirmer le verdict de la Cour supérieure de cette même province qui invalidait certains articles de la loi canadienne sur la prostitution. Et comme toujours quand on parle beaucoup, on dit beaucoup de conneries, et on mélange un peu tout. Entre autres, prostitution et proxénétisme.

La confusion semble pourtant difficilement possible. Le proxénétisme est à la prostitution ce que l'esclavage est à l'artisanat. Pas besoin de lunettes.

Alors pourquoi condamne-t-on si souvent la prostitution et beaucoup moins le proxénétisme? C'est que la pratique de la prostitution est contraire aux principes du néolibéralisme. Que fait une prostituée[1], sinon tirer profit de son propre corps (qui lui appartient, non?) Ce corps, elle ne l'a pas volé, elle ne l'a pas acheté, elle ne l'a pas loué. Elle ne l'a extorqué à personne. Il est à elle, rien qu'à elle, quand bien même elle ne posséderait rien d'autre. Le corps de la prostituée est son outil de travail, il lui appartient et elle n'enlève rien à autrui en s'en servant comme bon lui semble.

Il y a de quoi faire frémir tant les conservateurs que les libéraux. Où va-t-on si chacun ou chacune peut disposer de lui ou d'elle-même? C'est l'anarchie. En revendiquant la possession libre et entière d'elle même, la prostituée refuse d'être la propriété d'un autre, l'outil d'un autre, la source de profit d'un autre : elle refuse le principe même du néolibéralisme.

C'est pourquoi États et gouvernements lui en veulent à mort depuis autant de siècles. Le libéralisme économique – qui n'est que la désignation politiquement correcte du proxénétisme (tirer profit de l'autre, l'asservir, le déshabiller, le saigner…) – voit d'un mauvais œil une de ses proies lui échapper.

Le proxénétisme, ainsi défini,  est un crime contre l'humanité.

Et la prostitution la forme la plus authentique du commerce équitable.



[1]L'emploi du féminin dans le texte ne vise qu'à l'alléger, et ce sans préjudice à l'égard des hommes.