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24 novembre 2011

La coagulation pour l'avenir du Québec

Les Québécois en ont assez de se faire fourrer. C'est normal. Tous les jours, ça finit par être lassant…

Alors ils veulent changer.

Ils ne veulent plus se faire fourrer?

Bien sûr que non, voyons. 400 ans d'habitude, on a ça dans le sang, on en redemande.

Comme disait Urbain Desbois, tu peux fermer ta gueule dans la langue de ton choix.

Que faire, alors?

La solution s'appelle François Legault. Ni de droite ni de gauche, ni fédéraliste ni souverainiste, ni ci ni ça… Ni du passé (qui n'existe plus) ni de l'avenir (qui n'existe pas encore, d'où la coagulation dont il est question plus haut). François Legault n'est RIEN. Et il est au centre. L'homme idéal pour se faire fourrer sans douleur…

Les Québécois sont des gens heureux. Quand ils en ont assez de se faire fourrer en rouge, ils cherchent à se faire fourrer en rose ou en bleu clair. Se faire fourrer pastel… C'est tellement plus délicat…

Condom à la vanille? Framboise? Canneberge?

On a le choix.

Hardi mes toutous! À quatre pattes, et que ça saute!

 

20:42 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

30 octobre 2011

L'éducation selon Stephen Harper (Prisons, 1)

Que faites-vous si ce n'est créer des voleurs pour les punir ensuite?

Thomas More

 

On parle beaucoup de la manière dont Stephen Harper et les conservateurs ont sabré dans le budget de l'éducation. C'est un peu abusif. Il est erroné de parler de coupures. Il s'agit plutôt de transferts. Transferts de crédits d'un système éducatif vers un autre.

Stephen Harper a vraiment à cœur de venir en aide aux jeunes Québécois qui vivent dans la rue ou dans une interminable misère à défaut d'avoir reçu une véritable éducation. Et il entend y remédier sans tarder.

Que font ces jeunes qui ne savent où aller? Ils sombrent dans la délinquance. La petite délinquance. Voleurs de pommes, de sacs à main, graffiteurs minables, revendeurs à la petite semaine…

On nous dit que c'est le Québec qui, en Amérique du Nord, a le taux de criminalité le plus faible. Le plus FAIBLE! Et voilà, le Québec est encore le dernier de la classe! Le Québec en est encore à soigner ses jeunes délinquants avec du baratin, de la prévention, de la réinsertion. Il propose à ses jeunes contrevenants de continuer à végéter dans un système qui les pousse, au mieux, à devenir vendeurs de hot-dogs, plombier ou électricien. On parle même de leur apprendre à lire et à écrire. À écrire! Je vous demande...

On le voit clairement : en matière d'éducation, le Québec n'a pas la moindre ambition. Stephen Harper, lui, en a. À quoi ça sert de savoir lire et écrire? À rien. Il en est la preuve… L'éducation, selon lui, va bien au-delà de ces rêveries improductives. Ce qu'il faut aux jeunes de la rue, c'est une véritable formation, avec des maîtres compétents et des débouchés réels dans le monde réel. Stephen voit grand, et il a la solution.

Au lieu de financer des bibliothèques et des écoles où, quand on parle de culture, il n'est même pas question de patates ou de maïs – qui sont des choses vraiment utiles –, il construit des prisons. Et même des méga prisons. Où il entend fourrer tous ces jeunes sans avenir. Et avec quelle efficacité!

Entrés voleurs de bonbons ou chapardeurs de sacs à main, sans espoir de progresser ou d'échapper à la rue, ils en ressortiront en vrais gens de métier. Le temps de leur peine, ils se seront frottés aux meilleurs en matière de crime. De vrais pros. Ils auront noué des contacts, se seront constitué un réseau, auront appris que le vol, c'est autre chose que de piquer un porte-monnaie à une vieille. Ils quitteront la prison avec un bagage à la fois théorique et pratique et, surtout, une véritable structure d'accueil les prendra en charge dès leur sortie. Quel collège, quelle université serait capable de leur offrir une formation plus solide?

Qu'on n'accuse plus Stephen Harper de négliger l'éducation : l'école du crime, il  fallait juste y penser…

 

16 octobre 2011

Autorité et anarchie

À l'occasion d'un séminaire des chefs d'établissements scolaires (en France) sur l'autorité, un recteur facétieux a essayé de détourner une analyse d'Hannah Arendt pour faire l'apologie de la hiérarchie. Bakounine aurait bien ri.

Hannah Arendt, dans La crise de la culture, écrit ceci : «Puisque l'autorité requiert toujours l'obéissance, on la prend souvent pour une forme de pouvoir ou de violence. Pourtant, l'autorité exclut l'usage de moyens extérieurs de coercition; là où la force est employée, l'autorité proprement dite a échoué. L'autorité, d'autre part, est incompatible avec la persuasion, qui présuppose l'égalité et opère par un processus d'argumentation. Là où on a recours à des arguments, l'autorité est laissée de côté. Face à l'ordre égalitaire de la persuasion se tient l'ordre autoritaire, qui est toujours hiérarchique.»

Notre recteur saute sur ce dernier mot pour en conclure que la hiérarchie – et, par extension, l'Administration – est naturellement autoritaire et que ses décisions ne sont pas discutables. On n'est pas loin de Staline…

Monsieur est un ignare. Ou un provocateur. Ce n'est pas le tout de savoir écrire. Il faut savoir lire. Et ne pas confondre un adjectif (hiérarchique) avec un nom (hiérarchie). C'est comme si, sous prétexte que le ragoût de mouton, c'est bon, on en déduisait que la bonté, c'est le ragoût de mouton.

Or la hiérarchie est précisément le contraire de l'autorité telle que définie par Arendt. La hiérarchie ordonne et met en œuvre les moyens de coercition nécessaires pour contraindre ceux qu'elle prétend diriger.

L'autorité dont parle Arendt est ailleurs. Elle est aussi celle dont parle Bakounine. Et elle n'est surtout pas l'autoritarisme. Bakounine refuse bien sûr toute hiérarchie et tout moyen de coercition. Mais il  accepte l'autorité. L'autorité qu'il a librement choisie. Il accepte l'autorité de quelqu'un qui possède un savoir ou une technique qui lui sera utile, et en qui il a confiance. Celle du médecin pour sa santé, par exemple, ou celle de l'ingénieur pour la construction d'un pont (encore que, au Québec en particulier, on puisse se poser des questions…). Il n'aura ni à être contraint ni à être persuadé pour accepter un diagnostic médical ou un plan de construction.

«Faire autorité» en une matière n'implique aucune contrainte. L'ordre autoritaire est hiérarchique parce que, au moment où on l'accepte, il participe d'un savoir qu'on n'a pas soi-même mais qu'on respecte et auquel, à un moment donné, on va faire confiance. Rien à voir avec la hiérarchie, qui est un instrument de pouvoir impliquant la subordination.

Ni l'autorité ni l'ordre ne sont incompatibles avec l'anarchie (ne pas confondre anarchie et désordre). L'ordre dans le sens d'«organisation». D'organisation commune. L'anarchiste n'est certainement pas un chien de meute, mais il est un animal social.