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10 octobre 2011

De la série Élise

L'éditeur Michel Vézina présente la série Élise, saga romanesque à plusieurs mains, à plusieurs voix. Voilà ce qui attend ceux qui nous survivront...

 

12:54 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

05 septembre 2011

Exercices de style

Un des paragraphes suivants est le premier d'un roman français publié en 1997. Les autres sont des variations, plus courtes ou plus longues, qui ne visent qu'à montrer que, pour dire la même chose, on peut s'y prendre de manière plus ou moins amphigourique.

 

• La suie dure autour de ma tête… Il fait froid, noir. Quelqu'un chuchote. J'écoute… Je reconnais ma voix. — Breughel appelle Molly. Répondez!

 

• La suie avait durci autour de ma tête. Il faisait froid, il faisait noir. Quelqu'un chuchotait et, à force d'écouter, je reconnus ma propre voix. Breughel appelle Molly, disais-je. Répondez.

 

• La suie avait formé un casque rigide autour de ma tête. Il faisait un froid glacial, l'obscurité était totale. Quelqu'un chuchotait près de mon oreille et, à force d'écouter, je reconnus ma propre voix. Breughel appelle Molly, disait-elle. Répondez.

 

• La suie enveloppait ma tête comme un heaume de ténèbres. Je frissonnais, effrayé par cette obscurité glacée. Une voix chuchotait, toute proche, et, à force de tendre l'oreille, je reconnus la mienne. «Breughel appelle Molly, prononçait cette voix. Répondez!»

 

• J'étais environné de ténèbres glaciales. La suie, comme un étau, dessinait un cercle froid autour de ma tête. J'étais parcouru de frissons, aveugle dans la nuit. Une voix faible se faisait entendre à peu de distance et, à force d'y prêter attention, je reconnus la mienne. «Breughel appelle Molly, susurrait cette voix familière. Répondez!»

 

• Tout autour de moi, de mon visage, la noirceur s'était déposée comme une croûte rigide qui enserrait mes tempes à les broyer. La température était mortellement basse, l'obscurité celle des grands fonds. De nulle part provenait un chuchotis incertain, presque inaudible, que je tentais désespérément de saisir et dont les accents ne m'étaient pas inconnus. Cette voix lancinante… Ma voix! Je distinguais les mots maintenant. Breughel appelle Molly, répétait-elle. Répondez!

10:47 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

12 août 2011

Volodine et la police

Dans Lisbonne dernière marge, Volodine évoque la police dans des termes assez inquiétants - comme tout ce qu'il écrit :

 

«La police est aussi une palissade; une palissade qui ferme la rue. [...] La police est nécessaire à la rue. Parfois elle est peinte en vert, parfois en bleu, parfois en gris. Elle se tient solide, en bordure des choses. [...] Qu'y a-t-il de l'autre côté de la police? On peut supposer une organisation dont elle serait le bras armé, on peut supposer des maîtres, qui se serviraient d'elle pour s'abriter, pour rendre leur monde inaccessible. Cependant, rien n'empêche d'imaginer aussi que, derrière la police, il n'y a rien. Et une telle idée n'est guère rassurante. C'est pourquoi, après avoir conjuré sa peur en implorant la police, l'homme qui a façonné la police avec ses doigts, avec ses pensées, l'homme, donc, s'adosse à la nuit et continue à avoir peur.»

 

10:56 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : volodine, prison, police