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27 décembre 2011

Encore une qui est en train de mourir...

Une année.

Ni meilleure ni pire que les précédentes.

Bilan?

Le pays dans lequel je vis n'est toujours pas indépendant et il n'est pas pressé de l'être,

On nomme personnalités de l'année des morts qu'on a piétinés avec acharnement quand ils étaient vivants,

Les riches sont encore plus riches, les pauvres sont encore plus pauvres,

Mais les pauvres continuent de donner aux riches le mandat de les appauvrir davantage,

Nos ennemis sont arrogants, prospères et pétants de santé,

Nos amis (les faux) nous inondent sous l'incessant déluge de leur propre insignifiance,

Nos amis (les vrais) meurent loin de nous, seuls, dans le noir, de leur propre main parfois,

Et nous demeurons assis devant un écran, spectateurs impuissants de notre propre aliénation, en attendant de mourir à notre tour, seuls, dans le noir, de notre propre main peut-être…

20 décembre 2011

Vos amis Facebook sont-ils des robots?

Comment empêcher de penser?

Certainement pas en l'interdisant. La censure est, au contraire, un assez bon moyen d'exciter la rébellion et d'exacerber la circulation de l'information. Il n'y a que dans les pays où la censure existe qu'on puisse appeler à la révolution (voir à ce propos l'usage de Facebook et des réseaux sociaux dans ce qu'on a appelé, je ne sais pas pourquoi, le printemps arabe). Les dictateurs sont des cons, on le sait : ce n'est pas en empêchant les gens de parler qu'on les empêche de penser. Au contraire. C'est en leur donnant la parole sans limite, par les médias les plus rapides, les plus fugaces et les plus immédiats, qu'on tue la pensée. Par noyade. Par surdose.

Facebook, justement. Il y a des gens assez naïfs pour croire que de mystérieuses autorités, hommes en noir, groupes de pression, agences gouvernementales ou privées, cherchent à en museler les utilisateurs dans nos meilleurs plus beaux pays du monde. Comme si c'était nécessaire! Les utilisateurs de Facebook se musellent eux-mêmes. Ils émettent tellement de bruits (au sens qu'on donne à ce mot en physique) que les messages éventuellement dignes d'intérêt en deviennent inaudibles.

Un conspirationniste amateur ne manquerait pas d'en conclure que la plupart des «amis» Facebook ne sont pas des personnes réelles – ou du moins qu'ils ne le sont plus – mais des robots qui émettent ces bruits à tire-larigot sous forme de «statuts» ou de «commentaires» du genre 37,2 ce matin, ou Là je vais me coucher, ou encore, Ben là… Ou, plus généralement : Wow!

Wow! est la pensée la plus répandue sur Facebook. La pensée clé. L'idée qu'un robot en serait à l'origine (un robot canin plutôt qu'humain, apparemment) est donc assez séduisante. Vos amis Facebook seraient des robots chargés d'asphyxier l'information que vous tentez de faire circuler – d'ailleurs, regardez leur photo, c'est rarement ressemblant. Et là, vos cheveux se dressent sur votre tête. Mes amis, des robots? Frissons, angoisse, terreur… Nous sommes infiltrés! Que faire?

Rien.

Tout ça, c'est de la blague, bien sûr. Vos amis ne sont pas des robots, rassurez-vous (enfin…).  En revanche, ils agissent comme des robots. Wow! Ils ont bien un cerveau, un vrai cerveau humain, comme presque tout le monde, mais ils ne s'en servent pas. Pourquoi, sérieusement, voudrait-on les empêcher de penser? Ils n'ont jamais essayé…

Sauf quelques-uns, c'est vrai. Mais foutre que ceux-là ont du mal à respirer!