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03 mai 2012

Lettre ouverte aux étudiants en grève

À vous tous qui vous tenez debout quand les autres demeurent à genoux,

à vous tous qui en avez assez de devoir payer avant même de pouvoir exister alors que les autres rament comme des galériens pour éponger leurs dettes,

à vous tous qui préparez votre avenir quand les autres sont déjà résignés et fossilisés dans une vie d'automate,

à vous tous qui êtes capables de résister à un gouvernement et à sa police quand les autres se contentent d'obéir et de craindre les chiens du maître,

à vous tous qui voulez posséder votre avenir quand les autres n'ont même pas été capables de créer leur propre pays,

à vous tous qui descendez dans la rue quand les autres chialent parce qu'ils vont arriver en retard au bureau où ils engraissent leur maître en échange de miettes et d'ennuis de santé,

à vous tous qui ne voulez pas vous laisser acheter quand les autres sont déjà vendus et réduits à l'état de marchandise,

à vous tous qui refusez d'être les victimes d'un pays miséreux assis sur des richesses dont il ne profitera pas parce qu'elles sont bradées à des multinationales,

à vous tous qui refusez d'être des esclaves alors que les autres ne savent pas encore qu'ils le sont depuis trop longtemps,

à vous tous qui refusez un héritage de misère, de médiocrité, de bassesse, de soumission servile et aveugle,

à vous tous qui êtes des hommes et des femmes au milieu d'une meute de chiens couchants,

à vous tous, bravo!

Depuis plus de 400 ans, on fait croire à vos ancêtres qu'ils ne sont rien; qu'ils ne sont là que pour travailler comme du bétail et se taire; qu'ils n'ont pas le droit de posséder leur propre pays; que la richesse qu'ils produisent doit aller dans la poche de ceux qui les exploitent et non dans la leur; que s'ils ne se soumettent pas, ils mourront; et, depuis plus de 400 ans, ils le croient!

Alors continuez. Vous avez tout à gagner et rien à perdre. Une session à l'eau, peut-être? Mais, en échange, la certitude de ne pas être des robots et la capacité de prendre votre propre vie en main au lieu de l'abandonner à celles de maîtres qui vous diront quoi faire et comment le faire.

Devenir adulte, ce n'est pas se laisser passer les menottes ni se couvrir de dettes, c'est refuser d'être enchaîné.

Votre avenir est à vous, prenez-le.

De force s'il le faut.

 

06 février 2012

Grenouilles de bénitier

Les prédictions de Nostradamus, comme celles des Mayas ou des barbus, on sait où on peut se les mettre. Celles du bonhomme La Fontaine, en revanche, même si on en parle beaucoup moins – je me demande pourquoi –, sont plus vérifiées que jamais.

Ouvrez n'importe quel journal, vous y trouverez une énième version de cette fable :

 

LES GRENOUILLES QUI DEMANDENT UN ROI

            Les Grenouilles, se lassant
            De l'état démocratique,
            Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique.
Il leur tomba du ciel un Roi tout pacifique :
Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant,
            Que la gent marécageuse,
            Gent fort sotte et fort peureuse,
            S'alla cacher sous les eaux,
            Dans les joncs, dans les roseaux,
            Dans les trous du marécage,
Sans oser de longtemps regarder au visage
Celui qu'elles croyaient être un géant nouveau ;
            Or c'était un Soliveau,
De qui la gravité fit peur à la première
            Qui, de le voir s'aventurant
            Osa bien quitter sa tanière.
            Elle approcha, mais en tremblant.
Une autre la suivit, une autre en fit autant,
            Il en vint une fourmilière;
Et leur troupe à la fin se rendit familière,
       Jusqu'à sauter sur l'épaule du Roi.
Le bon Sire le souffre et se tient toujours coi.
Jupin en a bientôt la cervelle rompue :
Donnez-nous, dit ce peuple, un Roi qui se remue.
Le Monarque des Dieux leur envoie une Grue,
            Qui les croque, qui les tue,
            Qui les gobe à son plaisir,
            Et Grenouilles de se plaindre;
Et Jupin de leur dire : Eh quoi ! votre désir
        À ses lois croit-il nous astreindre ?
        Vous auriez dû premièrement
        Garder votre gouvernement;
Mais ne l'ayant pas fait, il vous devait suffire
Que votre premier Roi fut débonnaire et doux :
            De celui-ci contentez-vous,
            De peur d'en rencontrer un pire.

 

On se croirait au PQ, au Québec, au Canada, n'importe où au monde…