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09 septembre 2015

Petit éloge de Facebook

Le fait que je n’aie pas de compte Facebook – et que je n’envisage pas d’en avoir – ne signifie nullement que je n’en apprécie pas les bons côtés. Car Facebook, je dois bien le reconnaître, est un outil merveilleux.

Personnellement, j’en tire profit de deux manières :

1) Facebook est une sorte de paratonnerre qui attire à lui les fonctions de surveillance autrefois dévolues aux voisins malveillants et jaloux, aux flics ou aux indics, taupes et autres mouchards. Facebook vous surveille et, surtout, vous comptabilise, mais sans vous emmerder puisqu’il suffit, si on ne veut pas qu’il le fasse, de ne pas s’y inscrire. L’œil de Sauron, à défaut de celui de Moscou, est tellement fixé sur lui qu’il ne voit plus rien d’autre. Il n’a même plus besoin de vous chercher puisque vous vous placez de vous-mêmes sous son bienveillant regard.

2) Facebook est aussi une sorte de purificateur d’air. Il nettoie votre atmosphère, retient la médiocrité, l’amalgame et la précipite (au sens chimique du mot), ce qui fait que votre blogue, votre ligne téléphonique ou votre service de messagerie électronique ne sont plus engorgés par les messages creux de vos faux amis (Yé! Wow! Berk! et autres billes de clown…). Facebook draine et avale sans discrimination les commentaires stupides, les pensées vides, les exclamations de néant, les carrés blancs sur fond blanc. Les imbéciles s’y jettent comme mouches sur papier collant. Résultat, il ne reste dans votre entourage que ce qui en vaut la peine : des amis pourvus d’un épiderme (ceux qui savent jouir comprendront…).

Facebook est, au bout du compte, un formidable filtre à cons.

J’aime…

20 décembre 2011

Vos amis Facebook sont-ils des robots?

Comment empêcher de penser?

Certainement pas en l'interdisant. La censure est, au contraire, un assez bon moyen d'exciter la rébellion et d'exacerber la circulation de l'information. Il n'y a que dans les pays où la censure existe qu'on puisse appeler à la révolution (voir à ce propos l'usage de Facebook et des réseaux sociaux dans ce qu'on a appelé, je ne sais pas pourquoi, le printemps arabe). Les dictateurs sont des cons, on le sait : ce n'est pas en empêchant les gens de parler qu'on les empêche de penser. Au contraire. C'est en leur donnant la parole sans limite, par les médias les plus rapides, les plus fugaces et les plus immédiats, qu'on tue la pensée. Par noyade. Par surdose.

Facebook, justement. Il y a des gens assez naïfs pour croire que de mystérieuses autorités, hommes en noir, groupes de pression, agences gouvernementales ou privées, cherchent à en museler les utilisateurs dans nos meilleurs plus beaux pays du monde. Comme si c'était nécessaire! Les utilisateurs de Facebook se musellent eux-mêmes. Ils émettent tellement de bruits (au sens qu'on donne à ce mot en physique) que les messages éventuellement dignes d'intérêt en deviennent inaudibles.

Un conspirationniste amateur ne manquerait pas d'en conclure que la plupart des «amis» Facebook ne sont pas des personnes réelles – ou du moins qu'ils ne le sont plus – mais des robots qui émettent ces bruits à tire-larigot sous forme de «statuts» ou de «commentaires» du genre 37,2 ce matin, ou Là je vais me coucher, ou encore, Ben là… Ou, plus généralement : Wow!

Wow! est la pensée la plus répandue sur Facebook. La pensée clé. L'idée qu'un robot en serait à l'origine (un robot canin plutôt qu'humain, apparemment) est donc assez séduisante. Vos amis Facebook seraient des robots chargés d'asphyxier l'information que vous tentez de faire circuler – d'ailleurs, regardez leur photo, c'est rarement ressemblant. Et là, vos cheveux se dressent sur votre tête. Mes amis, des robots? Frissons, angoisse, terreur… Nous sommes infiltrés! Que faire?

Rien.

Tout ça, c'est de la blague, bien sûr. Vos amis ne sont pas des robots, rassurez-vous (enfin…).  En revanche, ils agissent comme des robots. Wow! Ils ont bien un cerveau, un vrai cerveau humain, comme presque tout le monde, mais ils ne s'en servent pas. Pourquoi, sérieusement, voudrait-on les empêcher de penser? Ils n'ont jamais essayé…

Sauf quelques-uns, c'est vrai. Mais foutre que ceux-là ont du mal à respirer!