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30 octobre 2011

L'éducation selon Stephen Harper (Prisons, 1)

Que faites-vous si ce n'est créer des voleurs pour les punir ensuite?

Thomas More

 

On parle beaucoup de la manière dont Stephen Harper et les conservateurs ont sabré dans le budget de l'éducation. C'est un peu abusif. Il est erroné de parler de coupures. Il s'agit plutôt de transferts. Transferts de crédits d'un système éducatif vers un autre.

Stephen Harper a vraiment à cœur de venir en aide aux jeunes Québécois qui vivent dans la rue ou dans une interminable misère à défaut d'avoir reçu une véritable éducation. Et il entend y remédier sans tarder.

Que font ces jeunes qui ne savent où aller? Ils sombrent dans la délinquance. La petite délinquance. Voleurs de pommes, de sacs à main, graffiteurs minables, revendeurs à la petite semaine…

On nous dit que c'est le Québec qui, en Amérique du Nord, a le taux de criminalité le plus faible. Le plus FAIBLE! Et voilà, le Québec est encore le dernier de la classe! Le Québec en est encore à soigner ses jeunes délinquants avec du baratin, de la prévention, de la réinsertion. Il propose à ses jeunes contrevenants de continuer à végéter dans un système qui les pousse, au mieux, à devenir vendeurs de hot-dogs, plombier ou électricien. On parle même de leur apprendre à lire et à écrire. À écrire! Je vous demande...

On le voit clairement : en matière d'éducation, le Québec n'a pas la moindre ambition. Stephen Harper, lui, en a. À quoi ça sert de savoir lire et écrire? À rien. Il en est la preuve… L'éducation, selon lui, va bien au-delà de ces rêveries improductives. Ce qu'il faut aux jeunes de la rue, c'est une véritable formation, avec des maîtres compétents et des débouchés réels dans le monde réel. Stephen voit grand, et il a la solution.

Au lieu de financer des bibliothèques et des écoles où, quand on parle de culture, il n'est même pas question de patates ou de maïs – qui sont des choses vraiment utiles –, il construit des prisons. Et même des méga prisons. Où il entend fourrer tous ces jeunes sans avenir. Et avec quelle efficacité!

Entrés voleurs de bonbons ou chapardeurs de sacs à main, sans espoir de progresser ou d'échapper à la rue, ils en ressortiront en vrais gens de métier. Le temps de leur peine, ils se seront frottés aux meilleurs en matière de crime. De vrais pros. Ils auront noué des contacts, se seront constitué un réseau, auront appris que le vol, c'est autre chose que de piquer un porte-monnaie à une vieille. Ils quitteront la prison avec un bagage à la fois théorique et pratique et, surtout, une véritable structure d'accueil les prendra en charge dès leur sortie. Quel collège, quelle université serait capable de leur offrir une formation plus solide?

Qu'on n'accuse plus Stephen Harper de négliger l'éducation : l'école du crime, il  fallait juste y penser…